Je range la cuisine et prépare la salade pour le repas au retour des parents... pour une fois mon père a cuisine. Et tout d'un coup, je ne sais pas ce qui m'arrive, ni pourquoi, ni comment... je craque. Cela fait bien longtemps que pareille chose ne m'est plus arrivée, pas comme ça en tous cas. Cela fait du bien aussi, ça soulage un peu... mais si peu.
Pourquoi cet éclat en sanglots soudain ? Parce que je me suis si mal organisé ? Il y a peut être un peu de ça, mais ce n'est certainement pas tout... de loin pas tout. Il y a aussi, comme ma mère a su le formuler au cours du repas (ils ne sont pas aveugles et ont bien vu que mon moral n'est pas au beau fixe - c'est plutôt rare ça de toute façon, chez moi, le moral au beau fixe) le fait que je suis entre deux chaises : je ne suis plus vraiment à la maison, plus vraiment chez moi, ici, chez mes parents, alors qu'a priori rien n'a vraiment changé, mais je ne suis pas (encore ?) tout à fait chez moi à Fribourg...
C'est comme deux mondes différents auxquels j'appartiens, mais je n'appartiens plus tout à fait à l'un pas encore tout à fait à l'autre... Ici il y a ma famille, mes parents et ma soeur, mes amis auxquels je tiens tant et à Fribourg il y a l'université, et les amis que je commence à m'y faire...
Ici, j'ai ma famille, mais je ne me sens plus tout à fait chez moi, là bas j'ai un chez moi (à moi ^^ - loué, mais je suis étudiant après tout), mais ne me sens pas encore vraiment chez moi...
Ici, j'ai mes amis auxquels je tiens tant, qui me manquent tous beaucoup... mais tout d'un coup ils me paraissent loin, comme si vivre ailleurs les avait éloignés de moi... du coup une gêne, une timidité refait surface, la peur de déranger... du coup je n'ose plus, et pourtant j'ai tant envie de les revoir. Là-bas j'ai les amis que je commence à me faire, mais je ne suis pas encore assez proche d'eux pour vraiment oser...
En somme et en y réfléchissant, c'est bien pusillanime tout cela... cette gêne est ridicule et n'a en fait pas lieu d'être... j'aurais dû la surmonter dès le début, ne pas l'accepter même... Suis-je trop sentimental, trop sensible ? Peut être... bien des gens se moqueraient déjà pour moins que cela...
Bref, tout cela - et d'autres choses je pense - on fait que la déprimme de fin décembre termine en petite crise... mais comme toute chose, elle est pasée elle aussi.
... désolé si tout cela n'était pas très gai ^^



